Traditionnellement l'Orgue de Barbarie est un instrument de saltimbanques, joué au coin de la rue pour attirer les badauds et annoncer un spectacle de lanterne magique, un numéro de danse de marmotte (les ramoneurs savoyards) ou d'ours (les paysans ariégeois), lancer un spectacle de chansonniers et ainsi diffuser des textes séditieux.

Le répertoire se choisit parmi les grands airs d'Opéra, les ariettes à la mode, ou la chanson populaire. Les textes sont quelquefois détournés et remplacés par des pamphlets contre Louis Philippe, Napoléon III ou des diatribes nationalistes contre le Kaiser Guillaume de Prusse. Au début du XXème siècle apparaîtront des chanteurs de rue qui diffuseront les indispensables "petits formats".

Techniquement, ce sont plutôt des orgues à cylindres, portés sur la poitrine grâce à une bandoulière, et soulagés par une béquille. Les façades décoratives doivent retenir l'attention pendant que le tourneur se repose, mais le son puissant et la musique à la mode doivent faire ouvrir les fenêtres et attrouper les passants. Le singe, le chien et les autres animaux savants par leurs facéties, font que l'on se laisse approcher facilement par l'homme à la sébile, et justifient l'obole versée.